Première critique de BK3 et c'est COMICS CHRONICLE qui s'y colle :
http://www.comicschronicles.fr/2012/05/ ... fterian-3/Citation:
Depuis quelques années, les comics français ne cessent de s'amplifier. Nous avons de plus en plus de séries qui enchaînent les numéros, comme Strangers, Hoplitéa, VHB et Bertrand Keufterian. Cette dernière en est à son troisième numéro et déjà à son second arc. Alors, que valent les nouvelles aventures de notre chasseur d'aliens ?
FICHE TECHNIQUE
Titre : Bertrand Keufterian #3
Date de parution : 5 mai 2012
Scénario : Carlos Rodrigo et Guillaume Matthias
Dessin : Guillaume Matthias, Solynk et Fed.M
Couleur : Céline "Ceel" Labriet, Solynk et Fed.M
Lettrage : Guillaume Matthias
Couverture : Greencat
Éditeur : Phylactères
Pages : 36
Prix : 4€ sur le site de l'éditeur
SYNOPSIS
Précédemment pendant que Bertrand se lamentait sur son sort, une organisation terroriste fit exploser les cloisons qui séparent les extraterrestres de ce qui reste de la ville de Metz. Inconscient, n’écoutant que son "courage" et sa soif de notoriété, Bertrand se lança à la poursuite des aliens évadés. Après avoir rencontré la bouillonnante Nina, Bertrand sauva, par hasard, une fillette des griffes d’une créature. Quelques jours plus tard, il devient alors la coqueluche des médias locaux, ce qui l'amène à faire la connaissance de l'influent Patrick Souillard et à se mettre à nouveau dans une situation des plus dangereuses...
CRITIQUE
Suite à l'attaque d'aliens du second épisode, nous retrouvons la charmante Nina, beaucoup moins superficielle qu’auparavant, et Bertrand, peu après que celui-ci ait fait la une du journal pour avoir sauvé une petite fille. Dès lors, tous les projecteurs sont braqués sur lui. Maintenant que nous le suivons depuis deux numéros, nous savons que tout ne va pas se passer comme il le souhaite. L'avantage avec des séries telles que Bertrand Keufterian, qui ont l'inconvénient de ne pas avoir un rythme de parution aussi régulier que les productions américaines, c'est qu'on n'est pas perdu quand un nouveau numéro arrive. Il est assez facile de se replonger dans l'univers, surtout grâce à l'édito, qui permet de se rafraîchir la mémoire.
Au niveau du récit, nous sommes clairement dans un nouvel arc, car de nouvelles intrigues se mettent en place. Nous découvrons ainsi que la menace ne serait pas celle que l'on pense, ce qui amplifie l'intérêt du titre. En effet, même si Guillaume Matthias joue avec certains stéréotypes bien connus de la science fiction, il ne se contente pas de les exploiter en surface. Il montre que tout n'est pas complétement bon ou mauvais. Cette nouvelle information nous invite à revenir sur les numéros passés pour se rendre compte que les quelques éléments qui laissaient songeurs commencent à prendre sens. L'impression qui en ressort, c'est que l'auteur sait exactement où il va et qu'il semble avoir pensé aux moindres détails pour assurer une cohérence à l'ensemble.
Concernant la partie graphique, les dessins de Guillaume Matthias continuent de séduire. Mention spéciale à la première page, qui ferait une très jolie affiche. Néanmoins, les changements notables se situent au niveau de la colorisation de Céline Labriet pour une simple raison, c'est que ce troisième tome se situe en plein jour, tandis que les précédents ont lieu la nuit. Du coup, les couleurs sont plus homogènes, moins vives et plus agréables à l'oeil.
Pour terminer, j'aimerais évoquer la grande nouveauté du numéro, à savoir l'intégration d'un épisode supplémentaire, dont le but est d'étoffer le background de certains personnages secondaires. Ici, il s'agit de Jessica Bayliss, la fameuse traqueuse d'extraterrestres que Bertrand rencontre dès le premier volume. Guillaume Matthias se charge du scénario, mais il a cette fois confié le crayon à Fed.M que vous avez peut-être déjà pu voir dans LSA et Anonyman chez Merluche, et plus récemment dans Pantz #1 chez Wanga. Le ton est plus humoristique, ce qui convient au style du dessinateur. On en apprend également davantage sur les dessous de la fameuse émission de télé-réalité des chasseurs d'aliens. Le seul bémol que je soulèverais est l'encrage, qui a tendance à trop assombrir les visages et les décors. Quoi qu'il en soit, cela donne envie de voir ce que nous réserve les prochains épisodes complémentaires, tout comme les interludes. A ce propos, celui du présent numéro a été réalisé par Solynk et se concentre sur Patrick Souillard. En une seule page, l'artiste parvient à retranscrire toute l’ambiguïté de ce nouveau protagoniste, qui risque de se jouer de notre héros.
CONCLUSION
Encore une fois, Bertrand Keufterian nous offre un numéro de qualité. D'ailleurs, avec ce troisième épisode, on sent qu'un nouveau cap a été franchi. L'univers est installé et les créateurs maîtrisent parfaitement leur sujet. Désormais, ils peuvent pleinement se lâcher pour nous proposer des histoires toujours plus ambitieuses.